lundi 25 août 2014

Histoire de la création d'une robe de mariée 1

Je vais vous raconter le déroulement de ma dernière création de robe de mariée. Elle est récente, datant du mois de juillet. J’ai l’autorisation de la mariée de vous en parler et de vous présenter les photos. Je suis resté discret jusque là, confidentialité oblige.

Tout a commencé par un coup de téléphone :
« Bonjour, Eric, c’est Mlle A. Est-ce que tu serais disponible en ce moment ? J’ai un ÉNORME service à te demander.
_ J’ai du travail mais je peux arranger quelque chose. Que puis-je faire pour toi ?
_ Voilà, je ne trouve pas ce que je veux dans le commerce, vu ma taille, et j’aimerais que tu me fasses une robe.
_ Oui, ce serait possible. As-tu déjà quelques idées, des photos ou des dessins, des magasines ?
_ Oui, je vais venir avec ? C’est génial ! Tu me sauves la vie ! »

Nous avons donc pris rendez-vous pour le surlendemain, me demandant en quoi une robe peut sauver la vie à quelqu’un, et surtout ce qu’elle allait me demander. Je suis comme ça, prêt à tout pour faire plaisir, rien ne m’arrête si ça fait partie de mes compétences.
Arrive Mlle A. qui m’annonce : « Eric, j’ai une grande nouvelle ! Je vais me marier ! ». Après l’avoir félicitée avec joie, elle m’annonce qu’elle organise son mariage en 6 semaines et qu’elle n’a pas trouvé de robe à sa convenance. Elle me demande de lui en faire une sur ce délai. « Oh rien d’extravagant, ce ne serait pas moi ! Une robe toute simple avec un bout de dentelle dessus ! ».


Le croquis, annoté des fournitures
Alors nous regardons les idées qu’elle m’a apportées. Comme elle est corpulente, elle ne veut pas d’une robe avec corset et panier dans lesquels elle serait mal à l’aise. Elle a besoin de se sentir bien ce jour-là, de ne pas avoir trop chaud et de pouvoir se mouvoir facilement. Elle aimerait une robe à la cheville, avec le haut en dentelle et les bras nus. Ses idées me rappellent le style 1910, et en regardant dans mes livres d’histoire du costume, je trouve l’idée d’un volant en dentelle dans le dos. Je fais un croquis rapide et le lui soumets. Après son accord, j’ai pris ses mesures de façon à créer le patron le plus tôt possible. J’ai aussi estimé les métrages et les fournitures.
« C’est génial, c’est exactement ça ! Dis-moi comment on fait pour les tissus, moi je n’y connais pas grand-chose. » Nous nous sommes alors donné rendez-vous à Lille, où j’ai mes adresses, et nous avons fait le choix ensemble. Elle voulait être sûre d’une bonne qualité de matière et de la couleur du tissu, car il fallait que ce soit assorti à la robe d’une de ses filles. Par chance nous avons trouvé exactement ce qui convenait, bien que cela se soit fait en deux rendez-vous.



Prototype vu de face
Entretemps, j’ai fait ce qu’on appelle dans le métier « une toile », c'est-à-dire en fait un prototype. J’ai utilisé ce que j’avais sous la main, c'est-à-dire des tissus peu chers dans des qualités approchant les matières finales. En général, les mesures et les remarques morphologiques que je prends ne suffisent pas ; au porté, il y a toujours des détails à corriger. Pour cette robe c’était la hauteur de l’empiècement, le cintrage, la profondeur des décolletés devant et dos, la forme et l’ampleur du volant, l’ampleur et la longueur de la jupe. Et puis la toile sert à aussi à changer d’avis et à tester d’autres idées.






Dos de la toile


Profil de la toile



Pour savoir si j’ai tenu le pari, je vous invite à lire le prochain post.






Vue du dos avec le volant de dentelle