mardi 9 septembre 2014

Gilet femme façon corset

Le mouvement de mode alternative « steampunk » m’a appris une chose : on peut reprendre quelque chose de très ancien et le recycler pour en faire quelque chose de très nouveau et contemporain. Comme j’ai quelques tissus en petite quantité qui pourraient être coordonnés, je me dis que je devrais en faire un vêtement façon patchwork. C’est là que m’est venue l’idée d’utiliser les découpes d’un corset à 10 ou 12 pans : certaines découpes en biais que je placerais sur le devant, d’autres verticales dans le dos. Mais je ne souhaitais pas faire un corset ; j’avais plutôt envie de faire un gilet dans cet esprit. Ainsi est né le modèle du gilet femme façon corset.
Gilet façon corset 1er essayage

Ma table de patronage
Première étape : faire le patron. J’ai reconstruit ma base femme en taille 42 et j’ai placé mes découpes en recalculant l’aisance pour être au plus près du corps. Mais parce que ce n’est pas un corset, je n’y mets pas les mêmes réductions, juste un écart d’1 cm au côté. En effet, j’ai imaginé un laçage de chaque côté sous le bras pour permettre un ajustement. Ainsi ce modèle pourra se porter un peu lâche ou au contraire très serré, selon les désirs. Il pourra aussi s’ajuster plus facilement à la poitrine et aux hanches, de façon à flatter les morphologies en A ou en V aussi bien que celles en X.

Entoilage complet

Comme les matières sont un peu molles, je décide de les entoiler avec un coutil, comme pour un corset, pour leur donner plus de rigidité. Mais puisque c’est un gilet, je ne mettrai pas de baleines, excepté aux côtés puisqu’il y aura un laçage.



1er essayage dos

Deuxième étape : couper. J’ai réparti mon patron sur les différentes matières, d’une part pour juger de la quantité, d’autre part pour juger de l’esthétique. Le devant et le dos seront donc de suédine beige imprimée alternée de fausse fourrure panthère, les côtés seront de suédine bordeaux. J’ai également coupé le coutil qui sera assemblé en même temps.



Emplacement du laçage


Troisième étape : premier essayage. J’ai assemblé et posé sur le mannequin. Pas mal ! Le côté sauvage associé à la coupe occidentale me plait beaucoup tout en me surprenant. Eh oui, parfois je visualise ce que ça va donner et le résultat est meilleur que ce que j’imaginais. Quoiqu’il en soit, le taillant me satisfait, le volume poitrine se place bien et la silhouette créée me convient. Je peux maintenant faire les piqûres définitives et préparer l’emplacement du laçage.



l'envers du devant

Quatrième étape : coupe et confection des parements et de la doublure, l’envers du décor ! A cette étape, j’ai dû anticiper ma confection. La difficulté sur un gilet doublé est toujours de savoir comment on va le retourner tout en faisant de belles finitions au col et aux emmanchures. Il y a au moins deux méthodes pour cela. Pour moi il s’agit aussi d’imaginer le patron. Comme l’épaule est très étroite, je fais un parement complet pour l’épaule. Pour la doublure, je reprends exactement les découpes du dessus et je déduis les parements. Bien sûr j’ajoute un peu d’élargissement pour que la doublure ne tire pas et je prévois un pli d’aisance à l’ourlet. Par contre je n’ajoute pas de pli au milieu dos comme dans une veste ; j’ai ajouté suffisamment à chaque découpe auparavant.




L'envers du dos


Finition des baleines


Cinquième étape : pose de la doublure et préparation de l’ourlet. L’ourlet sera juste préparé au fer et bâti. Je dois encore insérer les baleines du laçage.
Sixième étape : préparation et insertion des baleines. Parce que ce n’est pas un corset, j’utilise une baleine en plastique souple. En effet, il ne s’agit pas de tendre le tissu mais juste de lui donner du maintien et d’empêcher les œillets de plier ou de déchirer le tissu. Pour protéger les extrémités, je coupe 6 cm de ruban sergé en coton que je plie en 4. Ensuite je le pique directement sur la baleine avec une aiguille 100 et un point de longueur 2.5 mm. Une fois les baleines insérées, je pique les couloirs pour qu’elles ne bougent plus.

Laçage à la paresseuse


Septième étape : Finitions. Je pose les œillets et j’ajoute un parement de laçage. Cette protection peut être décousue si on souhaite laisser voir ce qu’on porte sous ce gilet. Pour ma part, j’ai pensé qu’il pouvait aussi être porté à même la peau, plus sexy, aussi bien que sur un chemisier ; je préfère donc en placer un. On peut aussi simplement le plier vers l’intérieur si on ne souhaite pas le supprimer, il est assez souple pour ça.





Modèle terminé
Reste à finir l’ourlet à la main et à faire le boutonnage. J’ai choisi des boutons de plastique imitant le bois pour rester dans l’esprit  « nature ». Pour le laçage, j’opte pour la façon « à la paresseuse ». Selon cette méthode de laçage de corset, le lacet est fermé en boucle. Ainsi, lorsque qu’on a ajusté son vêtement, il n’y a plus qu’à nouer deux boucles entre elles. Le lacet ne se défait pas et cela fait une belle cocarde sans avoir de fils qui pendent et qu’on ne sait où placer.


Modèle terminé



Et voilà le modèle est terminé. 
Comment trouvez-vous ce modèle unique ?








Pour avoir une idée du gilet porté et pour démontrer son adaptabilité, voici quelques photos. Ce cher mannequin, qui a souhaité rester anonyme, n'a pas les mesures standards utilisées (taille 42), mais elle en est proche. La différence d'une taille entre le buste et le bassin se remarque à peine. N'est-ce pas merveilleux?







Merci d'avoir lu jusqu'ici. Pour cette fois, je n'ai pas fait de coupures, ce qui donne un article assez long avec beaucoup de photos. Merci encore de votre indulgence!